dimanche 11 décembre 2016

Un été à Taranga ( 23 ) - Séparation

Je m'entends encore expliquer à celles et ceux qui me taquinaient à ce sujet que jamais je ne ferais la bêtise d'épouser une Indonésienne : « pour la regarder dépérir dans un appart' glacial et silencieux ? Pour ne plus avoir la liberté de me barrer des boulots que je déteste ? Pour foutre en l'air nos deux vies ? Vous êtes cons ou quoi ? ! » … J'étais sur le point de faire le grand saut, je n'avais pas 22 ans et aucune idée des tentations auxquelles j'allais être soumis : car le plus dur, pour un jeune homme voyageant dans ces contrées, n'est pas de rencontrer l'âme soeur, mais bien de pouvoir repartir seul et sans entraves !
Ces beaux discours ne m'ont pas empêché de me marier et d'arracher la pauvre Lhass à sa famille. Bien sûr, nous n'avions guère le choix : j'ai déjà évoqué les lois indonésiennes au sujet des couples mixtes, Lhass qui perd tout droit à la propriété et moi que l'on continue de considérer comme un touriste comme les autres, envers et contre tout …
Je me souviens de ce jour de juin 2003 où pour la première fois elle quitta les siens pour une durée indéterminée, en l'occurrence deux ans. Je retenais mes larmes, elle pleurait toutes celles de son corps … Aujourd'hui, c'est la même ! Nous avons beau être habitués, les adieux sont déchirants. On ne sait jamais si la prochaine fois quelqu'un ne manquera pas à l'appel, si ces signes de la main par la fenêtre du taxi ne sont pas des adieux. A Taranga, les gens meurent vite. L'an dernier son beau-frère, en janvier sa soeur, demain qui d'autre ?

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